La tribu noircnoir, les archives...

noircnoir 245
vendredi 2 mai 2003

La tribu
Christian Lehman
Rivages/noir n463

Les salons ont du bon. Les salons du livre, j’entends. Je vous rappelle que c’est un lecteur qui vous parle. Les salons ont du bon parce qu’ils permettent, bien entendu, de rencontrer des crivains, mais surtout parce qu’ils donnent des ides de lecture. Sans le salon du livre d’expression populaire et de critique sociale qui a lieu le 1er mai Arras, je pense que je n’aurai jamais lu "La tribu" de Christian Lehmann. Prparant la couverture radio de la deuxime dition de ce salon pour votre station prfre, je me suis rendu compte qu’y tait invit un auteur Rivages/noir. Une collection que j’apprcie, vous le savez, mais un auteur que je ne n’avais jamais lu, en l’occurrence, Christian Lehmann. Impossible donc de passer ct de ce monsieur et impossible de l’aborder sans me plonger au pralable dans un de ses romans. Un seul des quatre publis en Rivages/noir tait disponible, le dernier, savoir "La tribu". Pas le genre de livre que j’aurai choisi spontanment. La couverture reprsente une scne de bloc opratoire. Pas besoin d’tre grand sorcier pour flairer l’enqute mdico-policire, ce qui, je l’avoue, n’est pas vraiment ce que je recherche. Mais un auteur "Rivages" qui vient Arras, a ne se rate pas, alors je me lance. Et je me lance malgr une quatrime de couverture qui confirme mes inquitudes. Cette quatrime de couverture est trs claire, j’en profite : "La tribu, c’est la famille d’Olivier Rohan, jeune mdecin de la rgion parisienne. Ce sont ses compagnons de l’internat, une famille avec laquelle il est difficile de couper le cordon ombilical. Pourtant, Rohan a ouvert un cabinet, mais les clients ne s’y bousculent pas. Alors il assure des gardes l’hpital, retrouvant ainsi l’ambiance fivreuse des nuits aux urgences."

"La tribu" ne m’a pas transport dans un tat fivreux, autant vous le dire de suite. "La tribu" ne m’a pas non plus demand un effort de lecture particulirement ardu. Au contraire, cette histoire de toubib, finalement, j’y suis rentr facilement. Et d’ailleurs, une fois le bouquin referm, je n’ai pas du tout regrett les trois heures passes en compagnie d’Olivier Rohan et de sa tribu. La mdecine mne beaucoup de chose, notamment l’criture. Christian Lehmann sait de quoi il parle quand il raconte une ranimation dans un service de cardiologie. "C’est un univers qu’il connat de l’intrieur" explique l’diteur. Le lecteur aura effectivement du mal imaginer l’auteur non mdecin. Mais si ce mdecin manie aussi bien la plume ou le clavier d’ordinateur que le stthoscope, il n’en oublie pas d’ausculter ses semblables. Autour du dcs difficilement explicable d’un adolescent de quatorze ans, il s’agit avant tout pour Lehmann, de tracer un certain nombres de portraits de mdecin. Du pourri l’altruiste intgral, du perfectionniste au dsabus, du dvou au dvoy, voil un milieu peu diffrent des autres. Sans oublier, l’image d’Olivier Rohan, que ce n’est pas parce que l’on domine la mcanique anatomique que l’on matrise toutes les donnes psychologiques.

"La tribu" de Christian Lehmann, Rivages/noir n 463. L’tablissement d’un diagnostic mdical peut parfois s’apparenter une enqute policire. L’auteur ne transforme pas pour autant les blouses blanches de ses mdecins en imper de dtective. C’est ce qui fait la russite de ce roman. Bonne lecture toutes et tous avec mes salutations les plus hospitalires.

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