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TUMULTES 20/06/06 : POEME PROVISOIRE et TUMULTE MUSICAL TUMULTES

Pour écouter l’émission, on peut aussi cliquer ici ou utiliser la barre de lecture au bas de cet article !


Au sommaire de cet émission :

- le poème provisoire de Sylvie Nève (texte, voir ci-dessous),

- tumulte musical

Les musiques :

* Roberto Rodriguez

* Cheikha Rimitti

* Iva Bittova

* Moondog

* DJ Shadow

* Pascal Comelade

* Jah Wobble/Holger Czukay

* Pascal Comelade/Pierre Bastien/Jac Berrocal/Jacky Liebezeit

* Lars Hollmer looping home orchestra live

* Taraf de Haidouk

* Senem Diyici

* Mulatu Astatqè (Ethiopiques, vol.4)

* Electric Masada

Du Tumulte dans les Contes de fées !

Peau d’âne, poème expansé, poème provisoire de Sylvie Nève, 3ème mardi de juin 2006.

Résumé des chapitres précédents :

A travers les planches d’une pauvre cabane, le prince a vu la plus belle des princesses…Il en tombe aussitôt amoureux – qui est cette nymphe admirable recluse dans une basse-cour ?

Du fond de son lit, le prince est obsédé

nuit et jour, par cette seule question :

« Qui est cette nymphe admirable

qui vit dans une basse-cour

au fond d’une allée obscure

dans une cabane parfaitement misérable ? »

On fait venir le métayer au Palais

le prince lui pose la question

cette seule question qui l’obsède :

« Qui est cette nymphe admirable

qui vit derrière la basse-cour

au fond d’une allée obscure

dans une cabane fort misérable ? »

Le métayer, brave homme, répond sans façon :

« C’est, dit-il, Peau d’âne ! En rien nymphe ni admirable

on l’appelle Peau d’âne, à cause de la peau

dont elle s’habille pour cacher sa crasse !

De l’amour, c’est le vrai remède – oh Monseigneur

Peau d’âne ? C’est la bête

en un mot la plus laide

qu’on puisse voir après le loup !... »

Le métayer, sans façon, a beau dire

le Prince n’en a cure ;

il garde pour lui sa question lancinante :

qui est donc cette nymphe admirable

qui vit derrière la basse-cour

au fond d’une allée obscure…

Amour a tracé un portrait

sans poils, sans crasse

où seules grâce et finesse

pudeur et beauté font l’image

gravée là au cœur du Prince

à jamais, et en rien bête

la plus laide qu’on puisse voir

après le loup !...

La reine , sa mère, à son tour, pleure et se désespère

« Qu’avez-vous mon fils, qu’avez-vous donc ?

Que puis-je faire pour vous ?

Mon fils, mon unique fils, parlez-moi

que voulez-vous ? Dites-moi

confiez-vous à moi, mon cher fils… »

Sa chère mère a beau le presser

contre son cœur, et de questions

le Prince se tait, soupire et gémit.

Enfin, il appelle sa mère et déclare

savoir ce qu’il veut :

que Peau d’âne lui fasse un gâteau.

La mère accepte et se retire

et répète la phrase de son fils en se demandant

ce qu’elle peut bien vouloir dire :

que Peau d’âne fasse un gâteau !?

Son cher fils a-t-il la fièvre ?

Comment la peau d’un âne pourrait-elle

faire un gâteau ?

On l’éclaire sur l’existence de la souillon

recouverte d’une peau d’âne

derrière la basse-cour et la soue à cochons…

Ciel ! Un gâteau d’une telle main !

« Eh bien, vite, il n’y a pas de temps à perdre

le Prince veut un gâteau de la main

de cette Peau d’âne, allez vite la prier

de faire un gâteau. » s’exclame la chère mère

qui ne songe qu’à satisfaire son fils.

Et l’on part en grande pompe ordonner à la souillon

de faire un gâteau pour le Prince !

Peau d’âne ne se fait pas prier :

farine, sel, beurre et oeufs frais

qu’elle emmène dans sa cabane où d’abord

elle se décrasse, et s’habille richement

pour honorer la royale commande !

Elle mêle habilement les oeufs frais et la farine

pétrit longuement la pâte

y met les doigts et toute la main

y perd une bague

ou bien la glisse à dessein avant la cuisson

comme fève d’amour.

Quel cadeau glisser au Prince dans le gâteau

sinon une bague, fève d’amour...

Le gâteau tout juste tiéde, fut amené en grandes pompes

au château où le Prince reprit vigueur

rien qu’en le voyant. Mangeant d’un appétit

qui faisait plaisir à voir

le Prince croqua la fève, retira l’anneau de sa bouche

et fut ravi de s’imaginer

le doigt fin de sa déesse

la nymphe qui vivait recluse dans la pauvre cabane...

A cette pensée, il ne sortit plus du lit

Et les médecins, le voyant maigrir de jour en jour,

jugèrent tous, ramenant leur science,

qu’il était malade d’amour.

Et les médecins tous ensemble prescrivirent le mariage

l’hymen comme remède

exquis contre cette maladie.

Le Prince, d’abord hostile à ce remède, vit bien le parti

qu’il pouvait en tirer.

Je veux bien me marier, dit-il, pourvu que l’on me donne

en mariage, la personne

à qui cet anneau s’ajuste

parfaitement.

Toutes les jeunes filles de noble naissance

prétendent enfiler l’anneau

des plus jeunes princesses au moins jeunes

puis viennent les marquises et les duchesses

les comtesses et les baronnes

et toutes les nobles personnes

présentent tour à tour leur main

et la présentent en vain.

Puis prétendirent à l’anneau

toutes les jeunes filles du royaume

charmantes et menues

dont la main, enfin, semblait satisfaire

à l’étroitesse du bijou

las, toujours trop petite et trop ronde, la bague

d’un dédain presque égal rebutait tous les doigts.

Et le défilé reprit

toutes les chambrières

toutes les cuisinières

toutes les dindonnières

toutes les servantes du royaume

quelque fut la grosseur de leurs doigts

espéraient, elles aussi, un heureux destin

mais en vain.

On vint prévenir le Prince, le Roi et la Reine

que toutes les jeune filles du royaume

nobles ou pas, s’étaient présentées, mais en vain.

Reste Peau d’âne, la souillon

elle seule, n’a pas essayé l’anneau.

Le Prince l’envoie chercher

Elle, dessous le pauvre habit, la peau de l’âne

tend une main qui semble de l’ivoire

et des doigts minces, tout prêts à accueillir l’anneau.

La Cour en a le souffle coupé

L’anneau a glissé, sans forcer, s’est ajusté.

Des cris s’élèvent parmi les courtisanes, on en tombe à la renverse,

on refuse l’évidence

cette main-ci, et elle seule, peut porter l’anneau.

Peau d’âne demande au Roi la permission

d’aller plus dignement se vêtir.

Sur son passage, les quolibets reprennent

mais quand elle revient, la stupeur est sur tous les visages

jamais on n’avait vu robe si resplendissante

yeux si bleus, grands, doux et longs

aimables cheveux blonds mêlés de diamants

taille enfin, si menue et si fine !

Seul le Prince n’est pas surpris :

heureux, il retrouve enfin la déesse

la nymphe aperçue dans la pauvre cabane.

Le mariage est promptement célébré

en présence de nombreux Rois et Reines

mais nul Roi n’y parut avec tant d’éclat

que le père de l’épousée

qui d’elle autrefois amoureux

avait avec le temps banni de son coeur

l’impossible passion.

Il s’était remarié et présenta son épouse :

La Marraine !

Pleurant de joie, la princesse et la Marraine

s’étreignirent, s’embrassèrent

tombèrent dans les bras l’une de l’autre

et se témoignèrent longuement mille tendresses.

Et le gendre et le beau-père eurent le temps

tout le temps

de faire connaissance.

FIN

ici

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