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TUMULTES 7/03/06, invit : LUC TARTAR, + la CHRONIQUE DU CHRONIQUEUR A COEUR TUMULTES

Le 7 mars 2006, Tumultes recevait LUC TARTAR, artiste associ au Thtre d’Arras.

A partir du 14 mars, deux pices de thtre, sur des textes de Luc Tartar, "Lucie ou le fin mot de l’histoire" et "Estafette-Adieu Bert" seront cres Arras.
Pour connatre le programme :

http://www.theatredarras.com/

Pour tout savoir, ECOUTEZ L’EMISSION !!

Au cours des 30 premires minutes, vous pourrez couter la "Chronique du chroniqueur coeur", prsente par Xavier le punk.

Pour couter l’mission, cliquer ici

LA CHRONIQUE DU CHRONIQUEUR A COEUR :

"Rhabilitons le punk

Cher M. Tumultini, je tiens vous prvenir, ainsi que nos nombreux auditeurs, que ma chronique de ce soir sera consacre au punk. Elle risque donc, par moments, d’tre un peu sale et de sentir la bire et le scandale. J’espre qu’en temps qu’animateur juridiquement responsable de cette mission, vous ne m’en tiendrez pas rigueur. Et puis aprs tout, par les temps qui courent, cela reste un luxe de pouvoir dcider du motif de son propre licenciement.

Commenons donc par un court hommage :

je pisse (Gogol premier)

Ah, M. Tumultini, le silence qui suit un morceau de Gogol premier, c’est encore du Gogol premier. Et encore, je vous ai fait grce de la musique... Mais trve d’motion, je me dois d’expliquer les motifs du choix d’un morceau qui reste, 20 ans aprs sa cration, bien plus subversif que la plupart de nos actuels groupes de rock and business.

Je me suis rendu il y a un mois un concert de Gogol premier, clbre prcurseur du punk authentique dans les annes 80, qui aprs quelques annes de mditation silencieuse, semble dsireux de se remettre cumer les salles de concert, de prfrence petites. La seule fausse note de ce concert (hormis celles des musiciens, bien sr) a t d’ordre logistique, puisque avant mme que le concert ne commence, les deux cents joyeux et joyeuses drilles du public avaient puis les rserves de bire du bar. La prestation de Gogol premier et sa horde, la fois politique, hilarante et bon enfant m’a rempli d’motion et m’oblige, travers la prsente chronique, rendre un hommage au punk

Que les grands mlomanes ne se bouchent pas le nez et les oreilles : Mozart, Bach ou Satie taient des punks. Plus prs de nous, des artistes comme Miles Davis ou Charlie Parker, quoique plus svrement toxicomanes, l’ont aussi t leur manire. Car le punk n’est pas autre chose qu’un mlange de subversion de toute les normes et d’autodrision. La subversion, par le punk, des canons musicaux en vigueur dans les annes 70 n’est plus dmontrer et reste aujourd’hui un hritage presque inconscient dans tout ce qui ressemble de prs ou de loin du rock Et cet hritage va beaucoup plus loin que le son satur. La libert revendique des premiers groupes punk a permis des gnrations de s’approprier un mode d’expression artistique. Comme le blues en son temps, sa simplicit technique a dmocratis la cration musicale en la mettant la porte de tous celles et ceux qui ont quelque chose dire, mais qu’on entend jamais.
Les gens qui croient ce que TF1 raconte associent souvent le punk la violence. Mais il faut bien se garder de confondre, comme les mdias aiment le faire, violence et nergie, violence et radicalit. Le punk authentique se prend trs rarement au srieux, mais il est indniable que ses reprsentants les plus emblmatiques sont issus des classes dangereuses , et qu’en tant qu’enfants de prolos et prolos eux mmes, leur message adress la socit peut parfois tre vhment.

L’mergence du phnomne punk dans l’Angleterre de la fin des annes 70 ne doit rien au hasard : elle n’tait que le symptme, somme toute plutt sain, d’une rvolte contre l’injustice conomique et la rpression morale et policire des dbuts de l’re Thatcher.

Vous me direz, M. Tumultini, la rvolte est l’apanage de bien des musiques de jeunes. Je suis entirement d’accord, mais je remarque simplement que le punk a l’avantage de fuir toute alination. Le punk, c’est le rock, mais sans l’amour des bagnoles ou des motos, c’est le reggae sans dieu ni religion, c’est le grunge sans la rsignation, c’est la pop sans la navet.
Je voudrais terminer cette chronique en bousculant une autre ide reue, selon laquelle le punk serait btement nihiliste. Je vous propose cet effet une brve tude de texte d’un grand classique des sex pistols : god save the queen . Cette chanson censure qui fit scandale en 1977 en grande Bretagne dtourne l’hymne national en assimilant la royaut un rgime fasciste. Jonnhy Rotten (jeannot le pourri en franais), le chanteur tait bien trop malin pour affirmer que la Grande Bretagne des annes 70 ressemblait en tous points l’Italie Mussolinienne, mais il savait que cette comparaison ferait remuer un pays conservateur et sclros. En iconoclaste appliqu, l’auteur continue en affirmant que la reine n’a rien d’un tre humain ( she ain’t no human being ), en mettant en valeur l’aspect dshumanis, ftichiste et archaque qui caractrise ce symbole rifi. Mais surtout, Il raille les ambitions gostes et hypocrites de la classe dirigeante en affirmant there ain’t no future in England’s dreaming : Vos rves n’ont aucun avenir.

Jonnhy Rotten n’applique donc pas la clbre formule no future lui mme ou ses accolytes, mais bien ses ennemis, ceux qui voudraient dcider de son avenir sans lui demander son demander son avis... Dans un cri de libert et d’autonomie, il le rpte en prvenant don’t be told what you want, don’t be told what you need : Ne te laisse pas dicter ce que tu dsires o ce dont tu as besoin .

L’auteur largit ensuite sa critique l’Histoire de la Grande Bretagne en dclarant : que Dieu sauve l’Histoire, que Dieu sauve votre folle parade, lou soit le seigneur, car tous les crimes sont pardonns . Sans oublier de brocarder la religion, il rappelle par ces mots la glorieuse Angleterre que l’Histoire dont elle est si fire s’est aussi construite, l’instar de celles de toutes les grandes puissances, dans le cynisme et la violence de l’imprialisme et du colonialisme.

Aprs ce rquisitoire brillant d’ironie, Johnny Rotten va terminer sa chanson en en tirant les consquences logiques et en revendiquant un certain espoir non dnu de posie : quand il n’y a plus d’avenir, il ne peut plus y avoir de pch, nous sommes un poison dans votre humanit de machines, nous sommes des fleurs dans une poubelle, nous sommes l’avenir, votre avenir . Ce sont sans nul doute ces derniers mots qui ont fait le plus peur certains contemporains et qui ont donn envie de lutter, de vivre et de crer tant d’autres.

God save the queen (Sex Pistols ) "

ici

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