LE POEME PROVISOIRE DE SYLVIE NEVE TUMULTES

JANVIER 2006

Du Tumulte dans les Contes de fées !

Peau d’âne, poème expansé, poème provisoire de Sylvie Nève, 3me mardi de janvier 2006.

Résumé des chapitres précédents :
Le Roi, le père, accepte le marché : il fait saigner l’âne, son cher âne, pour épouser sa fille, la Princesse...


Il était une fois, argent, magnificence

il était une fois, le sang d’un âne, pleine peau

il était une fois, pire, peur, dsir

il était une fois souillure, pleine crasse

il était une fois...

Le rare animal est tu

dpec sur le champ.

Et l’on amena la jeune princesse

non moins crmonieusement que les trois robes

la peau grise et souille, te l’ne mort,

la pauvre dpouille, la peau de l’ne

qu’elle avait demande...

Cette peau d’abord terriblement l’pouvanta.

Mais sa marraine lui fit voir

comme la dpouille de l’ne tait un masque admirable !

Cachez-vous donc, ma filleule,

cachez-vous dans cette peau,

on ne croira jamais, tant elle est effroyable

qu’elle renferme rien de beau !!

Pauvre princesse n’eut pas le choix

devenait tout soudain rien de beau...

D’abord terrible

peau

cette peau terriblement

l’pouvantait .

Qu’avait-elle fait ?

Qu’avait-elle voulu ?

Qu’avait-elle obtenu ?

La peau de l’ne

la peau ses pieds

saigne encore.

Et dsormais

cette peau entirement

elle doit s’en recouvrir

et se cacher

et se sauver.

Pauvre princesse n’a pas le choix

devint d’un coup rien de beau.

Cette peau, c’est dit

elle doit s’en recouvrir et s’enfuir.

Pauvre princesse n’a pas le choix

devient d’un coup rien de beau.

Maintenant elle doit s’enfuir

ainsi dguise, au moins fuir.

Curieux quipage

quipe lointaine

accoutrement tout de poils

fuir au loin

dans l’habit de bte

s’en aller, et vite

dans la fourrure sans grce

loin

rendue mconnaissable.

La fe des Lilas n’est pas aveugle

le beau visage de sa filleule est fard

de peur et chagrin, gris, bien gris.

Elle s’empresse de l’embrasser et choisit d’adoucir

l’infortune de la jeune princesse

d’un coup de baguette magique

elle fait sortir du sol une malle

qui s’ouvre grand : l’une aprs l’autre,

les trois robes de la princesse

se dressent et s’approchent

saluent l’infante dans un soyeux froufrou

rentrent toutes seules dans la malle

et se plient de bonne grce,

miroir et bijoux les y rejoignent.

La malle vous suivra sous terre

et ma baguette magique vous accompagne

un seul coup sur le sol fera surgir

la malle et vos robes chaque fois

que vous le souhaiterez .

Et maintenant, partez, partez vite

mon enfant, votre pre s’apprte

vous faire chercher,

partez.

La peau de l’ne recouvrant la princesse

l’enveloppe et la dissimule toute ;

la tte de l’ne fait une curieuse capuche

qui cache aussi l’avant de son visage

qu’on serait bien en peine de reconnatre.

On serait bien en peine de reconnatre la princesse

on serait bien en peine de reconnatre une princesse

juste une silhouette grise qui sort du chteau

se sauve dans la brume et le petit matin.

Pendant ce temps, au chteau le Roi s’apprte

se marier

et mande chercher sa jeune fiance.

Valets, servantes, chevaliers

bientt tous au chteau cherchent princesse :

Princesse ! Princesse !

mais, las, disparue la princesse.

Ma fillance, ma fillance

retrouvez ma fillance !

On la cherche partout

elle a disparu

et les trois robes, et la peau de l’ne...

Mon ne, oh mon cher ne !...

Nul parfum, nulle trace

plus de fiance, plus d’ne.

Le roi pleure, les courtisans pleurent

le repas de noces fond dans les larmes.

Pendant ce temps, l’infante va tristement

sans se retourner, elle poursuit son chemin

rsolue, elle ne s’arrte pas

traverse les champs, les forts

le visage couvert d’une vilaine crasse.

Dans les villages, elle tend la main

qumande manger, ou travailler.

Mais tous reculent la regarder

on s’carte sur son passage

personne ne veut d’elle

mme les plus rudes paysans et les moins riches

la voyant si maussade et si pleine d’ordure

rpugnent prendre leur service

une si sale crature.

Et elle avanait, toujours plus sale et plus triste

essuyant les quolibets et sa crasse

d’un revers de main, revers du destin

las, princesse chue, et la rise.

Qui ne s’esclaffe son passage ?

Moque par les gamins qui la poursuivaient

et jetaient sur le pauvre pelage

des voles d’orge et d’injures.

Ah la sale !

Oh la vilaine

gueuse !

Venez voir

venez voir :

l’ne

est une cochonne !

Hi-han

Hi-han

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