On ne sait pas grand-chose de Slovo, si ce n’est qu’il s’agit d’une formation britannique rcente devant sa concrtisation Dave Randall, ex-guitariste de feu Faithless, groupe que j’avoue ne pas du tout connatre. Accompagn par des musiciens locaux ou en provenance d’autres pays comme les Etats-Unis, la France, le Kurdistan, la Palestine…, il acheva l’enregistrement de "Nommo" en 2002, avant de tester ses morceaux lors d’une tourne internationale.

- Dave Randall
Disponible depuis peu dans les bacs franais, "Nommo" possde cet aspect dlicieusement htrogne qui fait tout le charme d’albums comme "Love Box" de Groove Armada, ou bien "The Richest Man In Babylon" de Thievery Corporation, par exemple. Si Slovo ne fait pas exactement dans le mme registre, on y retrouve cette mme tendance au brassage musical, marqu par des influences qui vont ici du hip-hop la musique traditionnelle africaine ou asiatique, en passant par le jazz, la musique folk ou encore l’lectro.
C’est ainsi que l’on trouve dans "Nommo" des compositions trs dansantes, comme l’irrsistible "Frank & Harry", avec son chant hip-hop, ses trompettes jazzy et sa ligne mlodique arabisante, ou encore "Di Wengi Sane", avec sa sitar et ses chants africains. Y apparaissent galement des morceaux beaucoup plus calmes, la manire des "pauses" acoustiques "Killing Me", "Weebles Fall", "Come Down" et "Whisper". Enfin, on constate la prsence de titres "ambient", comme "21 Today" ou le trs beau "Voice", qui consiste en la lecture d’un pome de Woody Guthrie. Signalons tout de mme que "Nommo" n’est pas aussi festif et serein que sa musique ne le laisse a priori entendre : les textes voquent bien souvent des sujets graves, comme pour le titre "21 Today" qui recense les pays ayant subi les bombardements des Etats-Unis depuis la seconde guerre mondiale, avant de s’achever sur le bruit combien pertinent d’un tiroir-caisse. Globalement, les morceaux servent en fait de supports divers constats tablis de manire sobre et intelligente, abordant certains dysfonctionnements et autres comportements peu louables, et visant susciter une prise de conscience chez l’auditeur, sans jamais entamer la musicalit du disque, prservant ainsi intact le plaisir de son coute. Bref, si l’on peut trs bien se contenter d’une approche superficielle de "Nommo" (la musique), il convient de garder l’esprit que cet album prsente une "profondeur" (les textes) tout fait digne d’intrt.

Ce que l’on retiendra finalement du premier album de Slovo, c’est videmment son universalit musicale, pas indite mais forcment respectable, avec tous ces styles plus ou moins rcents qui se ctoient pour le meilleur et pour rien d’autre, dmontrant en dfinitive, de manire symbolique, que les cultures peuvent coexister de manire harmonieuse, et qu’aucune ne mrite d’tre place en dessous d’une autre. Evidemment, il existe encore un sacr dcalage entre harmonie des sons et harmonie des cultures dans leur globalit, et rien hlas ne permet d’affirmer que la premire est susceptible d’engendrer la seconde. Mais, aprs tout, ne dit-on pas que les petits ruisseaux font les grandes rivires ?
En rsum
Les plus :
- La diversit
- Le symbole
- Trs agrable couter
Les moins :
- Je ne vois pas…





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